Du 6 au 8 janvier 2019 : Stupas et Bouddhas: bienvenue au Myanmar!

Premières impressions en vrac:

 » Non les enfants, le monsieur n’est pas un ogre !  » Les dents rougies au bétel (feuille qu’on chique et qui sécrète un jus rouge et abime les dents: sourire d’horreur garanti) et les joues jaunies à la pâte solaire (le thanaka): nous avons prévenu les enfants des coutumes locales pour qu’ils ne partent pas en courant au premier sourire birman… Malgré cela nous sommes d’emblée sensibles à l’élégance des hommes dans leurs longhis bien ajustés et des femmes dans leur tenue traditionnelle (jupe longue et étroite et chemisier assorti).

Du style en toute circonstance…

La conduite: à première vue, c’est une joyeuse pagaille, mais en fait la conduite est souvent souple et le trafic fluide. Ici, on aime le défi: on roule à droite depuis plus de quarante ans, mais la majorité des voitures et des bus ont encore le volant à droite!

Les gens que nous rencontrons nous saluent toujours avec un grand sourire et sont aux petits soins pour nous. Cette gentillesse contraste avec un autre aspect de la Birmanie que nous gardons en tête: des combats encore d’actualité dans certaines zones, le massacre des Rohingyas,…. Il est d’ailleurs interdit aux étrangers d’aller dans certaines régions, de se déplacer sans guide ou hors des lieux touristiques, de camper, de loger chez des birmans. La délation est encouragée par l’armée et des témoignages récents montrent bien que nous avons tout intérêt à rester à l’abri sur les sentiers balisés…

La plupart des gens se montrent très étonnés par la famille nombreuse que nous formons: cela les fait souvent rire, les laisse incrédules. Ils nous félicitent, nous observent de loin ou nous posent des questions. Beaucoup sont attendris par Félix et veulent sans cesse lui caresser la tête, lui tenir la main, le prendre dans leurs bras. Le geste est plutôt flatteur, parfois un peu directif; Félix n’en peut plus de toutes ces attentions, il repère de loin les regards attendris et s’enfuit, se blottit contre nous, se cache.

Chacun est l’attraction de l’autre. Félix se cache, Joseph se prête de bonne grâce à l’exercice.

De façon générale, les enfants sont très appréciés et gâtés : à l’occasion d’une course à la pharmacie, les deux employées offrent aux enfants des petits bonbons orange : de la vitamine C! Une petite poignée chacun… ça fait réfléchir sur les besoins des enfants birmans!

Tourisme: nous sommes touchés de voir comme les gens dans le hôtels ou les restaurants s’efforcent de comprendre et répondre aux attentes des touristes, si différentes des leurs. Ils ne comptent pas l’effort et se mettent en quatre, et ce n’est pas seulement par appât du gain, c’est aussi visiblement pour nous faire plaisir.

Petite déception néanmoins pour le budget : l’hébergement est relativement cher, sans que le prix soit souvent justifié.

Le tarif de certains hôtel nous parait parfois un peu cher pour le niveau des prestations

Nous arrivons en bus de nuit et passons la frontière à Mae Sot /Myawaddi. Nous passons à pied « le pont de l’amitié » qui sépare la Thaïlande et Myanmar. De l’autre côté de la frontière nous sommes tout de suite interpelés par un taxi qui veut nous emmener (plutôt que le minibus « officiel »). Comme le prix qu’il annonce est honnête nous acceptons avant de nous demander en voyant l’état de la voiture si elle tiendra les 3 heures de voyage! Philippine assise dans le coffre, Alex à l’avant, les quatre qui restent tassés sur la banquette arrière, c’est parti! Comme en Amérique latine, cela ne pose pas de problème d’entrer à 6 dans un taxi ou même dans un tuk-tuk. On est serrés mais c’est ça qui est sympa…

Sur le « Pont de l’Amitié », frontière entre Thaïlande et Birmanie
Parfois on trouve de grands « tuk-tuks »

Premier arrêt très typique dans une station-service très « XXe siècle » comme diraient les enfants qui pensent qu’on est nés au Moyen-Age, nous nous arrêterons ensuite très régulièrement pour regonfler les pneus, acheter des feuilles à chiquer, acheter des bananes, faire une pause technique, laver la voiture, faire viser nos passeports aux check-points de l’armée, etc.

Authentique station essence

Paysages magnifiques et authentiques tout au long de la route. Chaque scène du quotidien mériterait un développement: les paysans sur des véhicules improbables surchargés, les jeunes qui discutent à l’ombre d’un palmier, les femmes qui lavent le linge, les marchands  qui dorment en attendant le client. Le tout dans une ambiance sereine et bon enfant. Les maisons très simples (une pièce) en bambou sont toutes sur pilotis. La garde robe de la famille est suspendue sur des cintres devant la maison. La vie se passe à l’extérieur. Les enfants jouent à l’ombre, sous les habitations.

Maison sur pilotis, surplombant les rizières

 

Première étape à Moulmein, qui était une ville coloniale importante au bord du paisible fleuve Salouen. Les bâtiments sont décrépis et les balustrades rappelant un passé plus glorieux ont rouillé, mais la ville garde un charme fou, fleur fanée perdue dans la végétation tropicale. Sur les collines alentour, des pagodons et stupas dorés surgissent ça et là entre les palmiers; une légère brume de vapeur d’eau enveloppe le paysage matin et soir. Nous nous promenons dans la ville et visitons les temples dans la chaleur humide.

Moulmein depuis la terrasse de notre hôtel

 

Maison coloniale, relique de l’époque G. Orwell et R. Kipling, qui côtoie les immeubles modernes
Depuis la pagode de Moulmein

Ganesh, comme quoi, y a pas que du Bouddha
Envolée de nonnes

 

C’est là que nous faisons une super rencontre en déjeunant dans un restaurant: Hélène et Guillaume, jeune couple français. Nous passons ensemble l’après-midi en partageant une barque pour visiter l’île du Lavage des Cheveux (à cause de la cérémonie à laquelle se pliaient les futurs rois du pays. L’eau du puits de cette île est réputée pour sa pureté). Lorsque nous arrivons, les jeunes pensionnaires du monastère sont en train d’allumer un ballon qui décolle, s’accroche dans les arbres puis s’envole vraiment sous les vivats des jeunes moinillons. Une fois la récréation terminée, chacun reprend son balai ou son pinceau et retourne à son occupation pour l’entretien du lieu.

Après-midi sur le fleuve avec nos amis Hélène et Guillaume

Lâcher de ballon par les moinillons de l’ile du shampoing
Lessive pour tous

L’endroit est typique et charmant, de même que la traversée en barque. Nous passons la fin d’après-midi avec Guillaume et Hélène et faisons plus ample connaissance, puis prolongeons la soirée en dînant et en jouant aux cartes avec les enfants. Le lendemain, nous devons tous prendre un bateau pour rejoindre la ville de Hpa An, mais une pluie torrentielle nous en empêche: nous nous mettons donc d’accord avec nos amis pour prendre le même bus et découvrons que nous avons réservé le même hôtel à Hpa An.

Le bus « local » vers Hpa-An, bien bondé et chargé de marchandises (on retrouvera le sac d’alex trempé de jus de poisson)

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.