Du 7 au 15 avril : Roumanie, Bulgarie et Serbie, de Bucarest à Belgrade

Alors que le vol d’Antoinette et des enfants, initialement prévu le 6/4, est annulé au dernier moment, leur permettant de passer 24h de bonus avec leurs cousins, Alexandre a traversé l’Europe après plus de 30 heures de route avec le coffre plein de vélos.

Nous nous retrouvons donc tous à Bucarest le dimanche 7 au soir. Quel plaisir de retrouver l’Europe ! La fraîcheur de l’air qu’on respire à pleins poumons, la conduite à droite, l’environnement familier et Alexandre qui a traversé les Carpates annoncent une Roumanie pittoresque, bucolique et entièrement couverte d’arbres fruitiers que le printemps fleurit.

La route d’Alex : Bucarest par les Carpates…
…des églises partout !

Nous sommes rejoints le soir même par Catherine, la maman d’Alexandre : nous aurons le plaisir de partager une tranche de notre voyage pendant 10 jours ensemble. Catherine nous rend le service de convoyer notre voiture vers l’Autriche où les parents d’Antoinette prendront le relais pour la ramener en France. Pendant ces 10 jours, les enfants passent chacun un moment avec leur grand-mère pendant que les autres pédalent. C’est une reprise en douceur puisque la voiture balai nous permet de voyager léger sans sacoches !

Visite de Bucarest avec la mère d’Alexandre

Nous prenons quand même une journée pour visiter Bucarest: le centre ville est piétonnier et très agréable, de jolies rues bordées d’églises et de bâtiments anciens. Nous nous laissons passer une averse en prenant un chocolat chaud dans un salon de thé: ici le chocolat chaud est très épais et crémeux, la cuiller tient presque toute seule!

Les églises orthodoxes et catholiques sont innombrables

Dans la plus vieille taverne de Bucarest, ce n’est plus du chocolat chaud, c’est de la crème !

Nous sommes surpris de constater la modernité de la ville, le cœur de la ville est entouré d’un premier anneau de bâtiments-barre de béton et de verre, : on peut reconnaître beaucoup d’enseignes commerciales, voir des publicités immenses sur les immeubles : nous sommes vraiment dans une capitale européenne, avec les bons côtés (animation, diversité, dynamisme) et les moins bons (uniformisation des commerces, omniprésence de la publicité, décalage entre la capitale et le reste du pays). La ville est aussi entourée d’un second anneau qui ressemble à une banlieue pavillonnaire…sans transition on se retrouve dans les champs avec des routes goudronnées qui se terminent en chemin de terre !

Dès le lendemain, nous quittons l’agglomération en voiture pour nous éloigner de la ville et reprenons nos vélos à quelques km du Danube : grandes retrouvailles après 5 mois de séparation ! Nous n’avons pas du tout fait d’exercice ces dernières semaines: ouille, les premiers km sont douloureux!

Il faut charger la voiture pour s’éloigner de la ville et de sa banlieue…

Première journée: nous faisons 56 km qui nous en paraissent le double… Félix a insisté pour avoir son propre vélo, lui qui n’a quasiment jamais pédalé de sa vie (quelques allers et retours sur une allée, de quoi dire qu’il savait faire du vélo…). Nous tentons le coup et attachons une barre derrière le vélo d’Antoinette pour accrocher celui de Félix lorsqu’il sera trop fatigué (Joseph et Pétronille se relaient à l’avant du pino/ sur le dernier vélo). Premier jour, il pédale 35km sur des chemins de terre, tombe 20 fois (les ornières ne nous facilitent pas la tâche: il faut reconnaître que le chemin est technique…) et se relève 20 fois avec le sourire: ouf!

1er tour de pédales depuis le Chili !

 

On s’était bien dit que nous n’en avions pas terminé avec l’Aventure à vélo 😉 !
cascades en série…
…mais il se relève à chaque fois avec le sourire…
…à peine débourré, il nous épatera avec plus de 40 km / j
Dur dur les chemins de terre sur les digues

Deuxième jour, sur 53km, Félix en fait 48 tout seul: il est très fier. Nous roulons désormais sur les routes goudronnées, très peu passantes (les voitures sont très respectueuses et se déportent toujours sur l’autre voie), qui traversent des petits villages rustiques et champêtres. L’accueil est toujours très chaleureux. Les roumains sont heureux de nous accueillir et nous lancent des « Bienvenue en Roumanie! » – « Vous aimez la Roumanie? »

Dans les villages, seule la route centrale est bitumée, et bordée de vergers en fleurs. Les maisons, souvent modestes et mal isolées sont assorties de jardins coquets et bien tenus. Les populations latines ont une maison en dure, les « gipsy rom », d’origine indienne, qui ne sont plus nomades ont des cabanons en bois, la cuisine sur un feu, on n’est pas loin de l’Asie…Les anciens du village sont assis sur les bancs devant les maisons, par petits groupes, bonnet ou toque pour les hommes, foulard bariolé pour les femmes, et devisent tranquillement. Ils commentent notre passage en nous adressant saluts et sourires édentés. C’est un saut 100 ou 200 ans en arrière. Les chevaux ou ânes qui tirent une charrette sont un spectacle très courant, et beaucoup de gens se déplacent à vélo (aucun scooter). Joie du cycliste : le long du Danube est rigoureusement plat ! Seule déception, nous avons beau pédaler sur les routes bitumées ou sur les chemins de terre des digues, nous n’apercevons que rarement le Danube entre les arbres…

En fin de journée, dans tous les villages, les gens font salon sous les fruitiers qui jalonnent les bords de route (photo prise en roulant: cadrage à améliorer!)

  

Nous découvrons l’hospitalité roumaine, spontanée et généreuse !
On ne peut pas se plaindre du relief.
carburant: carembars!

Les cigognes se comptent par dizaines dans chaque village

Petit passage de frontière le 6ème jour pour pédaler du côté bulgare, pour seulement 40km car les parents d’Antoinette nous attendent à Vienne et nous voulons laisser les vélos dans une ville facile d’accès : nous avons choisi Belgrade. Les paysages, un peu plus vallonnés que ceux de Roumanie sont très verts, et on chemine enfin le long du Danube !

Passage de la frontière naturelle par le bac

Premier panneau de l’Eurovélo 6 !

Après 5 jours de vélo (et 233km), nous gagnons Belgrade dans une voiture bien chargée : les vélos, tous les bagages, et 7 passagers ! Nous longeons le Danube par sa rive droite afin de profiter du spectacle des impressionnantes « Portes de fer » situées dans un défilé formé par le passage du Danube qui sépare les montagnes en Carpates d’un côté et Balkans de l’autre. Le défilé est à cheval sur la Bulgarie et la Serbie, nouveau passage de frontière sans encombre : les douaniers Serbes se montrent très accueillants et nous remercient de leur faire l’honneur de visiter leur pays !

La citadelle bulgare de Vidin, le verrou du Danube en aval des « Portes de fer »

Une antique synagogue
La sortie du défilé
Le dernier roi a même un roc à son effigie

Arrivée à Belgrade après une étape de nuit, nous trouvons un bon hôtel qui accepte de garder nos vélos une semaine (en plein quartier Skdarlija) et nous visitons la ville. La capitale serbe est animée et riche d’un patrimoine culturel qui remonte à l’empire romain ! Même si la partie romaine de la forteresse (sans doute la plus grande que nous ayons jamais vue) a quasiment disparu, les reconstructions au gré des dominations et invasions successives (en particulier ottomanes et austro-hongroises) ont laissé des vestiges qui montrent l’importance de cette ville dans laquelle le Danube et la Save se rejoignent. Nous arpentons également le quartier bohème et artiste, aux rues pavées, parfois comparé à Montmartre.

Le quartier de Skdarlija, le Montmartre de Belgrade
La forteresse de Belgrade verrouille à la fois le Danube et son affluent la Save

Nous quittons Belgrade le 16 avril pour retrouver à Vienne, Frédéric et Françoise les parents d’Antoinette, après une longue route et un interminable passage de douane pour rentrer en Union Européenne !

1 thought on “Du 7 au 15 avril : Roumanie, Bulgarie et Serbie, de Bucarest à Belgrade”

  1. Ravi de poursuivre avec vous vos aventures qui se conjuguent avec les notres en moins ardues sur les routes Italiennes.Apres Bergame,Brecia et le lac d’Iseo avant Verone .Toujours aussi magnifique.
    Beatrice n’a pas encore eu le temps de trier ces photos de NZ et VIETNAM. Nous admirons la resistance du petit dernier sur son velo et bien sur des 3 autres et Antoinette . Attention au mollet.
    Le campground de Lyon rouvre le 25 Mai avec son restaurant gourmand…..et reste ouvert tout l’ete. Peut – etre un
    break debut juillet pour squater chez notre fille a Paris.

    Bises al dente.

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