du 4 mars au 8 mars en Kerala – Inde du Sud

Il était temps de publier cet article, nous sommes très en retard puisque nous avons déjà commencé notre traversée d’une partie de l’Europe de l’Est à vélo… mais ça c’est pour de prochains articles, à suivre ! Entre temps, le rythme s’est considérablement accéléré…

Cette étape du voyage en Inde était très attendue puisque nous allons retrouver la sœur d’Antoinette et sa famille au bout de 15 jours de voyage à travers les états du Kérala et du Tamil Nadu en Inde du Sud ! Mais nous avons aussi quelques appréhensions car on nous a prévenus que l’Inde, « soit on adore, soit on déteste », et la plupart des français que nous avons croisés nous ont expliqué que l’Inde c’est dur « ça grouille d’êtres humains, l’espace est saturé de bruits de klaxon, de cris, l’air est pollué et chargé d’odeur, les sols sont poussiéreux, les rues encore plus sales que dans le reste de l’Asie, la pauvreté est omniprésente et les touristes sont harcelés par les vendeurs de rue », etc.: que de mythes! mais quel exotisme !!!

L’Inde est effectivement une autre planète où tout est différent : la culture, l’histoire, les couleurs, les innombrables peuples et leurs plats régionaux, l’économie, les règles de vie, de mariage, etc… C’est le seul endroit de notre voyage qui nous donne l’impression de ne pas être dépendant de la mondialisation (même si évidemment l’Inde y participe activement), c’est-à-dire que nous avons l’impression que le reste du monde pourrait s’effondrer sans que cela n’affecte ce pays-continent. Même si nous avons conscience que l’Inde du Sud est plus facile d’accès que celle du Nord, nous faisons partie de ceux qui sont complètement conquis par cet univers si différent, une expérience d’altérité inoubliable !

   

 

Nous débarquons donc à Kochi, au sud de la péninsule indienne, sur la côte Malabar (côte Ouest) comme l’ont fait les portugais au XVe siècle. A Fort Kochi : nous sommes tout de suite séduits par les couleurs éclatantes, l’exotisme débordant, les saveurs des épices, l’accueil chaleureux et amusé que nous recevons partout.

Le patrimoine culturel est très riche à Fort Kochi : nous visitons la synagogue (la diaspora juive est installée en Inde du Sud depuis plus de 1000 ans…) et le palais Mattancherry. L’héritage portugais est très présent, notre hôtel est l’une des plus vieilles maisons du Kérala, construite par les explorateurs en même temps que l’église du bout la rue, la plus ancienne d’Inde !

En guise d’immersion en Inde, nous retrouvons les points de repères d’une ex-colonie portugaise
Le patio de la maison Marie-Madeleine, aussi âgée que l’église la plus ancienne d’Inde !

 

Ici se trouve d’ailleurs la plus forte concentration de catholiques d’Inde et nous pourrons le constater dès le lendemain : c’est le mercredi des cendres et il y a autant de personnes portant le 3e œil (point rouge au milieu du front), que de personnes marquées d’une croix cendrée.

Nous nous promenons sur le port pour voir les pêcheurs relever les carrelets (ils ne pêchent pas grand chose d’autre que des déchets…) et nous dégustons aussi dans la rue notre premier thé au lait, le fameux « chai », dont le mélange d’épices exhale de puissantes saveurs, un régal.


Nous assistons à une représentation de théâtre dansé Kathakali : les acteurs représentent des scènes mythologiques hindoues. La première particularité de ces pièces est que tous les acteurs sont des hommes, très fortement grimés en fonction des personnages masculin ou féminin qu’ils représentent, nous assistons d’ailleurs à la longue et exigeante séance de maquillage. L’autre particularité est que l’histoire, par ailleurs connue de tous en tant que légende ancestrale, est racontée sans texte au travers de cette danse où les acteurs expriment l’action grâce à des mouvements d’yeux, des mimiques et des positions de mains précises: chaque geste des doigts et expressions du visage a un sens, l’un des artistes nous fait une démonstration d’une soixantaine d’expressions du visage : la peur, la colère, la haine, le dégoût, la tendresse, l’envie, la séduction, la joie, la méfiance, la provocation, etc.

Nous descendons ensuite à Kollam, la ville qui marque l’extrémité Sud des Backwaters, un réseau de canaux naturels le long de la côte du malabar, une sorte de marais poitevin version tropicale avec de l’eau salée et en plus grand. Plutôt que la traditionnelle découverte des canaux en houseboat, nous trouvons un guide en pirogue qui nous permet de passer par de petits canaux beaucoup moins fréquentés : c’est une magnifique promenade au cours de laquelle nous apprenons comment tresser des cordes en fibre de coco, et nous voyons de drôles d’oiseaux, des vaches sacrées, de petits troupeaux de moutons, des fermes de poissons, des fermes de crevettes, et mêmes des méduses et des serpents de mer, tout ça entre plants d’ananas, de bananiers et de cocotiers.

   

Le jour suivant, nous passons la journée dans des bus pour rejoindre Munnar, dans la montagne.

1 thought on “du 4 mars au 8 mars en Kerala – Inde du Sud”

  1. Content de vous revoir après ce long moment d’attente! Nous sommes toujours impatients de découvrir de nouveaux pays à travers votre regard et nous attendons la suite de vos aventures en Inde et en Europe de l’ Est, à très bientôt !

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